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Actualités - article 45
Accessibilité - 16 Janv 2009Décret sur l'accessibilité du Web : on prend (presque) les mêmes et on recommence...
Probablement que le seul intérêt porté par notre (ex) ministre à l'Accessibilité du Web était que son nom figure sur la Loi numérique.
Comme disait mon prof de philo " l'infidélité n'existe pas. On est toujours fidèle à soi-même ." Voilà un adage bien franco-français qui confirme, si besoin était, qu'on peut toujours s'arranger avec sa conscience, surtout en politique.
Voilà un mois à peine, on nous annonçait l'avènement tant attendu : le Décret va sortir en décembre. Tiens, j'ai dû me tromper d'année ou bien sommes-nous en janvier 2009?
S'il avait eu une once d'honnêteté, M. Besson aurait dû nous dire : "attendez les calendes grecques". Là, au moins, on aurait été fixés. Mais depuis le temps, c'est l'éternité qui nous attend...
Aussi, ne puis-je résister à un besoin pressant : comment ne pas établir de rapprochement de ce non-évènement d'un décret conçu dans la confusion, un peu comme ces relations sexuelles du bout de la nuit, après boire, à sa non-naissance; en terme médical, on parlerait d'une fausse couche due au non désir (in) conscient de la mère (Etat, DGME) à ne pas enfanter.
C'est que concevoir, dans la plupart des domaines, est, somme toute, assez facile; mais donner la vie et prendre en charge le nourrisson, ça n'est pas la même affaire ! Tous ceux qui ont des enfants le savent : ça prend du temps, donne des soucis et, surtout, pour ce qui nous concerne, ça coûte cher.
Car, qu'on ne s'y trompe pas : si l'avènement est aussi long, surtout après tant de nombreuses fausses-couches, c'est que les concepteurs (par accident) avaient oublié que l'enfant allait entrainer des dépenses subséquentes qu'ils avaient, volontairement ou pas, éludées.
N'oublions pas, non plus, que l'obligation d'Accessibilité concerne, avant tout, aux collectivités publiques et locales; en ces temps où les finances ont tendance à ressembler à peau de chagrin, on comprend aisément que les élus ne soient pas trop enclins à voter en masse une loi qui les obligerait à des dépenses supplémentaires.
L'Etat l'a bien compris qui recule l'échéance autant que faire se peut sous tous les prétextes que nous connaissons depuis de nombreuses années : référentiel, changement de direction à la DGME ( Ha! le non-regretté M. Souard). Et, maintenant, changement de ministre. Le temps que Nathalie Kosciusko-Morizet se mette à la lecture de la Loi, au rythme actuel, il peut se passer bien des mois.
Et c'est bien là qu'est le piège : nous ayant fait tant languir, le Décret sur l'Accessibilité (qui sortira, forcément) ressemblera plus à un avorton qu'à un bambin joufflu prêt à empoigner la vie ! Et nous, bien contents qu'il apparaisse enfin, nous nous satisferons d'un rachitique quasi mort-né.
Vidé de sa substance car non obligatoire et sans mesure de coercition, ce Décret s'ajoutera aux autres promesses non tenues en faveur des handicapés.
Demain, ça n'est pas à un baptême que nous assisterons mais à un enterrement de première classe; au mieux, à la naissance d'un handicapé de plus.
Jacques MOLY